Les bijoux de Dominique Dahan

Il n’y pas très longtemps, j’ai rencontré Dominique, une créatrice de bijoux à Paris. C’est dans son coin atelier, qui se trouve au fond de sa boutique, que nous avons échangé sur son parcours, ses bijoux et ses sources d’inspirations.

C’est souvent dans l’inattendu, voire l’accident, que naissent de surprenantes transformations.”

Boutique
66, rue de Saintonge 75003 Paris
Métro Filles du Calvaire ou République
www.dominiquedahan.com

Interview de Dominique Dahan, créatrice de bijoux depuis 1998.
1 – Quand as-tu commencé à créer des bijoux ?
Que faisais-tu avant ?
Avant de commencer à créer des bijoux, j’exerçais le métier d’étalagiste-décoratrice pour des boutiques de vêtements, et j’étais amenée à beaucoup voyager. J’ai ressenti le besoin à un moment donné de ralentir ce rythme en m’octroyant un temps partiel. Le hasard de la vie m’a conduite vers la création de bijoux à travers ma rencontre avec une créatrice de bijoux et d’accessoires désormais reconnue : Delphine-Charlotte Parmentier. J’ai proposé mon aide au sein de cet atelier et j’ai pu ainsi expérimenter sur le terrain diverses façons de travailler et apprendre notamment le tissage et la broderie. Après six mois passés auprès de Delphine-Charlotte Parmentier, j’ai eu l’impulsion de créer ma propre collection et de la montrer à des professionnels de la mode. Tès peu de temps après, j’ai eu la chance de figurer parmi les trois lauréates du concours du salon Première classe à Paris en 1998. C’est ce qui m’a lancée !

2 – La création, est-ce un esprit de famille ?
Oui, c’est un esprit de famille lié à ma grand-mère couturière professionnelle qui confectionnait aussi des vêtements sur-mesure pour ma mère. Toute mon enfance, j’ai baigné dans cette ambiance de chiffons et j’étais fascinée par son agilité, sa créativité et la passion qui l’animait. Elle ne s’ennuyait jamais et possédait une pièce entièrement dédiée à ses créations. Ma mère m’a elle aussi transmis le goût des belles choses et elle-même travaillait dans un lycée de mode en tant que documentaliste.

3 – Tu parles de ta grand-mère : est-ce que tu as créé des bijoux qui pouvaient se marier avec ses collections de vêtements ? Ou est-ce que tu t’es créé ton propre univers sans te soucier de cela ? 
Je me suis créé mon propre univers, ma grand-mère m’a juste donné l’élan et la direction… J’utilise encore aujourd’hui certains de ses outils comme ses ciseaux de tailleur afin de couper du papier de soie et y envelopper mes bijoux. Garder avec moi ses objets et meubles comme son mannequin par exemple, c’est une manière d’être toujours à ses côtés et de leur redonner vie.

4 – En parlant de famille… est-ce que ta fille crée avec toi ? Tu lui transmets le goût de la création ?
Oui, je transmets à ma fille le goût de créer, du moins je l’espère ! Elle me regarde souvent travailler et porte un regard neuf, juste et esthétique sur mon travail. Elle a le goût de la minutie, le sens de l’harmonie des couleurs, je le vois lorsqu’elle dessine, ses gestes sont déjà très précis. Elle ne crée pas avec moi car elle est encore petite mais elle me donne de bons conseils.

5 – Où trouves-tu l’inspiration pour tes collection ?
Je m’inspire beaucoup des 4 éléments : eau, air, terre, feu… La nature demeure pour moi une source d’inspiration essentielle, j’aime imaginer que des feuilles d’érable se transforment en collier éphémère, j’aime inventer des formes à partir d’éléments animaliers, par exemple pour mon dernier pendentif Zéphyr, j’ai associé deux coquilles Saint-Jacques avec une plume de goéland à l’intérieur.
Et la musique est, elle aussi, une source d’inspiration profonde, qui me guide et laisse place à un imaginaire onirique et à la poésie.
Je regarde assez peu ce qui se fait par ailleurs, je ne me laisse pas influencer, j’essaie d’être dans l’air du temps tout en préservant mon univers créatif afin qu’il soit reconnaissable.

 

 

 

 

 

 

6 – Tes boucles d’oreilles s’adaptent aussi à celles qui n’ont pas les oreilles percées, comme moi ! C’est une idée géniale, comment t’est-elle venue ? 
Cela a fait suite à la demande de certaines de mes clientes, dont une grande partie n’ont pas les oreilles percées et ne souhaitent pas les avoir… Il m’a donc fallu trouver une alternative qui puisse les satisfaire à la minute. C’est ainsi que j’ai eu l’idée d’adapter toutes mes boucles d’oreilles avec une attache non percée tout aussi esthétique. Pouvoir apporter ce service relève un peu de la magie !

7 – Est ce qu’il devient plus facile de créer au fil du temps, avec l’expérience ?
L’expérience peut bien sûr aider dans le domaine technique, mais le plus difficile consiste à se réinventer tout en gardant une identité qui me soit propre. La création, c’est toujours beaucoup d’expérimentations, d’essais, d’échecs et comme disait si justement Jacques Brel : « Le talent, c’est de la sueur ! » Et c’est souvent dans l’inattendu, voire l’accident, que naissent de surprenantes transformations.

8 – Avec quelles matières travailles-tu ?
Je travaille essentiellement avec la perle de verre de bohème de couleur et aussi avec différentes chaînes en laiton doré patiné. J’utilise aussi quelquefois du tissu, de la résine, du cuir et tout ce qui me semble beau. Mes matières premières proviennent de fournisseurs français, mais aussi d’ailleurs, en lien avec mes voyages ou mes balades parisiennes… Ainsi, une série limitée de perles chinées lors d’un vide-grenier renaîtront au sein d’une nouvelle collection exclusive, ou bien ce seront des perles qu’une cliente fidèle me rapporte de Birmanie : tout est exploitable dès lors que cela déclenche l’inspiration !

9 – Et tes clientes, d’ou viennent-elles ?
J’ai des clientes parisiennes et fidèles, mais aussi des touristes de passage dans le Marais. Certaines de mes clientes expatriées continuent également à me suivre et font des commandes en ligne. Le bouche à oreille fonctionne aussi très bien et de nouvelles personnes découvrent régulièrement mes créations puisque ma boutique a pignon sur rue. 

10 – J’ai lu que tu avais des clientes en Islande et au Japon : comment es-tu arrivée à te faire connaître là-bas ?
Je me suis fait connaître par les salons professionnels avant d’avoir ma boutique, mais aussi grâce au passage de touristes dans ma boutique… J’ai notamment des clientes en Belgique, aux Pays-Bas et en Italie.

 11 – Aurais-tu une anecdote à nous partager concernant tes bijoux ? Une petite histoire qui t’aurais marquée ?
Lors d’un voyage en Thaïlande, j’ai fait la connaissance d’un artiste tatoueur, sur l’île de Koh Samui. Il vivait là depuis son enfance et avait sa propre boutique sur l’île. Des personnes du monde entier venaient le voir pour se faire tatouer… Il avait aussi la passion des bijoux et portait sur lui quelques-unes de ses créations. Il m’a offert une bague unique avec une forme irrégulière et très singulière en corail noir. J’ai gardé cette bague au petit doigt pendant longtemps, j’aime l’idée qu’elle m’a porté chance et accompagnée dans mes inspirations…

 12- Quelque chose qu’on devrait savoir sur toi avant de se quitter ?
J’ai à cœur de me renouveler très souvent afin d’offrir à mes clientes une grande diversité de choix dans mes créations. Ainsi au fil des années s’ajoutent toujours à mes « basiques intemporels » de nouvelles inspirations et de nouvelles créations à la fois authentiques et personnelles. Chaque cliente est unique tout comme le bijou qu’elle choisira et portera.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :